• 30 septembre - Pohang

    Les jours passent et nous rapprochent de la fin de notre séjour en Corée. Nous avons à peu près respecté notre programme, malgré mon entorse à Seorak san. Les lieux que nous avons visités étaient soit gravés dans nos mémoires soit connus pour la beauté des paysages où l’intérêt culturel. Ce que nous en avons montré à travers les billets de ce blog ne représente toutefois pas le pays tel que les habitants le vivent au quotidien. Le billet d’aujourd’hui va essayer de vous montrer cet aspect du pays.

    Car, si la Corée est fidèle à ses traditions et s’efforce de préserver, depuis quelques années déjà, son patrimoine, c‘est aussi un pays moderne qui change très vite en tentant de répondre aux attentes multiples de ses habitants. Parmi ces attentes, le logement est une priorité. Historiquement, les coréens se contentent de peu. La plupart des maisons dans lesquelles vivaient les générations précédentes comportent peu de pièces. On y vivait dans la journée et, le soir, on déroulait les nattes pour dormir. La cuisine se faisait à l’extérieur, dans des fourneaux de terre. Et sanitaires comme salle de bain étaient on ne peut plus sommaires. Maintenant, les coréens aspirent à un mode de vie plus proche du notre et la demande de logement est très forte. Mais le pays est petit en surface – 99.000km2- soit environ 15% de la surface de la France métropolitaine. Et la Corée compte 48 millions d’habitants contre 66 millions pour la France. La densité est donc de 488 habitants par km2 en Corée contre 97 en France. Comme, par ailleurs, la plus grande partie du pays est montagneuse, la seule solution est de construire en hauteur. On voit donc pousser un peu partout, même dans les petites villes en province de grande barres, collées les unes aux autres. Les photos que je poste ici ont été prises à Pohang, mais on aurait pu prendre les mêmes à peu près n’importe où. Il y a  dans ces tours des appartements destinés à toutes les couches sociales. Pour le moment au moins, vivre dans ces nouveaux bâtiments est considéré par les coréens comme un luxe. C’était aussi le cas lorsque, après guerre, les tours de nos banlieues ont été construites. Espérons pour les coréens que l’avenir de ces logements collectifs sera différent de ceux construits chez nous.

    30 septembre - Pohang
























     

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    Il n’y a pas que les logements qui changent dans ce pays. Les nouvelles technologies y sont présentes, absolument partout. La maman de Kyong Ai, quatre vingt trois ans, possède son propre téléphone portable ! Dans le métro, à Daegu, à part les observateurs que nous étions, il n’y a que deux catégories de voyageurs : ceux qui dorment et ceux qui tripotent  leur Samsung Galaxy. Autre exemple qui montre que, face aux évolutions de la technologie, on est pas obligé de pondre le genre d’ânerie que constitue, selon moi, Hadopi, Kyong Ai cherchait des CD de Pansori, cet art coréen du chant. Et, après des heures de recherche nous avons trouvé une boutique, de la taille de notre salon où on vendait encore CD et cassettes, probablement pour les nostalgiques. Aucun rayon musique dans les grands magasins, aucune boutique genre Fnac. Les Coréens téléchargent, tout simplement, tout ce qu’ils écoutent ou regardent. Et cela n’empêche pas les artistes de vivre de leurs concerts, apparemment.

    Nous avons pris une chambre dans un motel près du terminal des ferries d’où nous étions partis pour Ulleungdo, au début de notre séjour. Au nord, on trouve la plage de Bukgu qui est devenu  un petit Las Vegas et le quartier à la mode de Pohang.

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    Nous y avons même vu une Lamborghini ! Autrefois, c’est la plage de Songdo, plus proche du centre ville qui attirait touristes et vacanciers, mais la construction du nouveau port du complexe sidérurgique de Posco à créé des courants qui ont drainé vers le large tout le sable de la côte et enlevé une bonne partie de son intérêt à l’endroit.

    Après avoir déposé nos bagages, nous partons en promenade dans Pohang, pour voir comment cette ville, où nous avons vécu de nombreux mois dans les années 80, a évolué.  Nous sommes aujourd’hui dimanche, le troisième jour de chuseok, la fête de la moisson du riz, la plus importante de l’année en Corée et de nombreux commerces sont fermés. Kyong Ai pense que le lendemain, ils seront ouvert même si le trois octobre est lui aussi un jour férié, fête de l’indépendance, car les fameux « ponts » ne sont pas aussi populaire qu’en France. Nous longeons le port de Pohang. Les nombreux bateaux de pèche sont amarrés tout long du bras de mer.

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    Sur certains, destinés à la pèche au calamar, les puissantes lampes à filament que vous connaissez bien ont laissé la place à des projecteurs équipés de diodes électroluminescentes.

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    Nous traversons ce bras de mer sur la passerelle construite récemment pour rejoindre la plage de Songdo évoquée plus haut. La jetée a été aménagée mais le sable a définitivement disparu.

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    Comme presque toujours en Corée, de petites échoppes, simplement installées sous une bâche propose des choses à manger.

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    Nous achetons des filets de poisson séché, grillé directement à la flamme. La chaleur en ramollit la chair et en exhausse le gout un peu sucré.

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    Devant nous le complexe sidérurgique de Posco et un de ses trois hauts fourneaux.

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    C’est dans cette usine qu’en novembre 1978 j’ai découvert la Corée. Le gros laminoir à chaud (blooming-slabbing) que nous avons installé à cette époque se trouvait assez loin derrière ces hauts fourneaux. Il a été démonté depuis, remplacé par une filière coulée continue moins gourmande en énergie. Il y a quelques années Posco cherchait encore un acheteur pour les quatre moteurs à courant continu de ce laminoir à deux cages. Ils ont une puissance de 8MW à 40rpm chacun, et sont les plus gros de ce type jamais construit au monde. Si vous êtes intéressés, faites moi signe…Mais il vous faudra de la place, ces moteurs sont des bébés de près de quinze mètres de diamètre, chiffre donné de mémoire.

    Tout près du bord de mer, nous faisons un petit détour par ce qui fut le Pohang Tourist Hotel, l’endroit le plus huppé de la ville autrefois où il nous arrivait de loger lorsque la zone résidentielle où Posco nous logeait était pleine.

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    Nous retraversons le bras de mer pour revenir vers la ville. Ici peu de chose ont changé, on voit toujours une succession de boutiques, mais les rues sont moins grouillantes de monde, fête de chuseok oblige.  Le fond du bras de mer que nous appelions autrefois le « rio merda » car il servait plus ou moins d’égout et dégageait sur tout le quartier une odeur nauséabonde a enfin été assaini.  Nous traversons ensuite le grand marché de Jukdo. Seule la partie poisson est animée, les autres échoppes sont presque toutes fermées.

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    Nous repérons néanmoins la boutique où Kyong Ai veut revenir le lendemain  faire le plein d’épice avant notre retour en France.

    Nous nous dirigeons ensuite vers le restaurant spécial poulet dont nous avons déjà parlé dans un billet précédent, à notre retour de l’île d’Ulleungdo. Il se situe dans une rue piétonnière, fierté de la ville.

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    Soudain,  nous trouvons un magasin au nom étonnant : notre JPV a-t-il des cousins ici ?

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    Notre restaurant est malheureusement fermé et fait le pont ! Décidément, la Corée change. Nous nous rabattrons sur chinois.

    Le soir, nous comptions manger un denier sachemi dans un des nombreux restaurants en bord de mer, près de notre motel mais c’est finalement la spécialité du coin que nous mettrons au menu, les coquilles Saint Jacques cuite au barbecue, directement sur la table. J’ai bien aimé ça, mais Kyong Ai, qui est plus exigeante a été déçue car, il s’agissait de coquilles d’élevage bien moins charnues et gouteuse que celles qu’on trouve en France sur les marchés.

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    La route du bord de mer est assez animée, nous prenons notre dessert dans une échoppe : de délicieuses crêpe soufflées servies avec le sourire (hoddeok - 호 떡).

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    Kyong Ai m’explique que cette spécialité est la friandise des pauvres. Elle connait la recette et j’espère bien, chers lecteurs, vous faire gouter prochainement ce délice tout simple.

    A l’autre extrémité de la baie, Posco a illuminé ses installations avec des néons multicolores, ce qui donne un coté un peu surréaliste au paysage, comme un gigantesque luna park.

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     En cliquant sur l'appareil photo ci-dessous, vous pourrez voir toutes les photos prises ce jour

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